Maurice Guillaume

 

Biographie

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Né à Mazy le 5 février 1899 d’une famille musicienne, Maurice Guillaume a joué ses premières notes dans l'harmonie que dirigeait son père avant de pouvoir toucher un orgue : c'était à l'église de Spy. Il étudie le piano et l'harmonie. De son adolescence il nous est resté les partitions d'une vingtaine d’œuvres de jeunesse (transpositions, adaptations, compositions), réalisées durant la guerre 1914-18 et qu'il signa à l'âge de 14 et 15 ans. Néanmoins, c'est seulement après plusieurs années passées à travailler dans la menuiserie de son père et à étudier l'architecture à l'École Industrielle de Gembloux qu'il obtint l'autorisation paternelle d'entreprendre à Namur, auprès d'Auguste Verrees, organiste de la cathédrale Saint-Aubin, de véritables études musicales.

 

Elles furent couronnées par une grande distinction devant le jury supérieur que présidait Léon Dubois, directeur du Conservatoire royal de Bruxelles et ancien organiste de l'église Saints-Pierre et Paul à Châtelet.

Il entre en octobre 1919 au Conservatoire royal de musique de Bruxelles malgré le départ récent, en juillet de la même année, de toute sa famille pour la France. Pressé par ses proches de les rejoindre, Maurice Guillaume n'en décide pas moins de continuer ses études à Bruxelles où il remporte :

               - le 1er prix de contrepoint dans la classe de Paulin Marchand en 1922
               - le 1er prix de fugue dans la classe de Joseph Jongen en 1923
               - le 1er prix d'orgue dans la classe d'Alphonse Desmet en 1924
               - le prix Alphonse Mailly en 1924, et
               - en 1927, cette distinction, rare à l'époque, qu'est le prix de virtuosité à l'orgue 
                 récompensé par la médaille du gouvernement.

Maurice Guillaume travailla l'orchestration et la composition avec Joseph Jongen, Prix de Rome et Directeur du Conservatoire de Bruxelles. Cet illustre musicien dira de son ancien élève :

"Maurice Guillaume est un maître, il ne doit pas craindre la comparaison avec les grands noms de l’orgue belge”.

Entre-temps, et tandis que son frère Fernand entame en France une carrière qui deviendra brillante, Maurice Guillaume est nommé dès 1920 organiste à l'église Saint-Sulpice à Jumet. Il donne également des cours de piano.

Parmi ses élèves au piano, une Gossélienne, Marguerite Gonsette née le 28 février 1903. Il l'épousera le 3 juillet 1924. Madame Guillaume étudie ensuite la harpe à Bruxelles avec Mireille Flour puis avec Pierre Jamet à Paris où elle fit partie des "Harpistes de France". Toutefois Madame Guillaume n’a pas mené une carrière d’interprète.

Le violoniste Edmond Donneux, professeur à l'Académie de Musique de Châtelet et à l'école moyenne ainsi qu'à Charleroi au Collège des Jésuites, va jouer un rôle important dans la carrière de Maurice Guillaume également professeur dans ce Collège depuis 1930 : il lui suggère de postuler la place d’organiste à Châtelet. C'est ainsi que Maurice Guillaume quitta Jumet en fin 1942 pour devenir titulaire du nouvel orgue de style symphonique, 44 jeux sur trois claviers et pédalier, dont la construction venait à peine d’être achevée par les soins de la maison Delmotte de Tournai.

Ce grand orgue flambant neuf, alors parmi les plus complets et les plus perfectionnés de Belgique, remplaçait à point nommé dans l'église décanale Saints-Pierre et Paul de Châtelet, l'orgue de Schyven datant de l878, qui avait péri en 1937 dans l'incendie de l'église. Maurice Guillaume dispose à ce moment d'un instrument à la mesure de son talent.

Le concert inaugural du nouvel instrument sera donné par Joseph Jongen et Maurice Guillaume le 16 mai 1943. À l’occasion de ce concert, le Maître dit à son ancien élève : "Mon cher Guillaume, je vous place très haut" .Et depuis lors, chaque dimanche et en de nombreuses occasions le Maître offrira aux châteletains de remarquables récitals d'orgue avec un programme diversifié : on y trouve certes des oeuvres de César Franck, de Vierne, de Messiaen et de Charles Tournemire avec qui il entretint d’amicales et fructueuses relations et pour qui il conservera une profonde admiration.
Y figurent encore des pièces de Clérambault, Couperin et, bien sûr, de Jean-Sébastien Bach.
Son choral “Notre Père au Royaume des Cieux” fera l’objet d’une communication remarquée présentée par Maurice Guillaume au Congrès International de Musique Religieuse à Rome en 1950.

Interprète brillant et improvisateur talentueux, Maurice Guillaume donne de nombreux concerts en Belgique et en France, notamment à Bruxelles, à Liège, Mons Charleroi, Biarritz, etc... Les plus marquants de ces concerts sont sans doute ceux qu'il joua lors des expositions internationales de Liège en 1930 et de Bruxelles en 1936 et 1958, aux Beaux-Arts en 1953, à la Cathédrale de Tournai en l963. Il a été fort souvent appelé à donner le concert inaugural des orgues des églises de Wallonie: quelques vingt-trois instruments entre 1929 et 1974 dont, en 1952 celle de la collégiale Sainte-Waudru de Mons où assistait S.M. la Reine Elisabeth de Belgique qui tint à ce que le maître lui fût présenté. Citons encore celles de la collégiale de Walcourt (1929), de St-Barthélémy à Châtelineau (1952), de St-Philippe à Philippeville (1954), de St-Pascal à Liège (1955), de St-Christophe (1958) et de St-Antoine à Charleroi (1973).

En 1956, il tint les orgues de l'église de Marcinelle lors des funérailles nationales des trois cent victimes du charbonnage du Bois du Casier. A plusieurs reprises Maurice Guillaume a été diffusé sur les antennes de notre radio nationale. Mais, malgré les sollicitations de la gloire, le maître reste fidèle à ses orgues châteletaines à tel point que Joseph Jongen déclara un jour :  "Quel dommage  que, avec un tel talent, il reste confiné dans son trou de province. S’il était venu à Bruxelles, il aurait pu prétendre aux toutes premières Places… "

Comme pédagogue, Maurice Guillaume a enseigné le piano  au collège de Charleroi, le solfège, l'harmonie à l’Académie de Châtelet et bien entendu, l'orgue pendant des dizaines d'années. Nombreux sont ceux qui conservent de lui le souvenir ému de l'homme simple et du grand maître de musique exigeant et parfois sévère, dont l'envergure musicologique n'avait d'égale qu'une chaleureuse délicatesse mâtinée d'une pointe d’humour. Sa notoriété dans les milieux de l'enseignement et son impartialité notoire expliquent que, des décennies durant, il ait été annuellement sollicité comme membre de jurys pour des concours d'orgue, activité qu'il a accepté d’assumer, malgré la fatigue, jusqu'à 80 ans.

Son talent de compositeur n'est pas moindre. Et, bien qu'influencé par les grands maîtres tels que J.S.Bach, César Franck, Charles Tournemire, Ravel et Debussy, Maurice Guillaume possède un langage personnel, écrivait naguère Claude Roland, à l'abri des snobismes, des chapelles, des modes mensongères. En parlant de lui, Camille Schmitt, ancien directeur du Conservatoire royal de Bruxelles, dira également : “ Maurice Guillaume, c’est le Douanier Rousseau de la Musique ”.

Maurice Guillaume a écrit pour l'orgue, le piano seul ou associé au violon, à l'alto, la clarinette, le hautbois, le saxophone en mi bémol, le violoncelle, la harpe, pour la musique de chambre, l'orchestre ainsi que des oeuvres vocales, chorales et lyriques. Parmi ses interprètes figurent les cantatrices Thérèse Mayenez, Cécile Leleux, les organistes Thierry Smets et Léon Kerremans, la harpiste Mireille Flour, les violonistes Georges Béthume, Henri Koch et Anne Leonardo, le violoncelliste Luc Dewez, les pianistes Chantal Lefèbvre  et Henri Janssens, la Schola Saint-Grégoire de Châtelet, les disciples de Grétry de Liège, la Maîtrise de la cathédrale de Tournai, l'orchestre national de Belgique dirigé par André Defauw, l'orchestre de chambre de la RTB dirigé par Claude Roland et Edgard Donneux, etc ... Certaines de ses oeuvres (quatuor à cordes, sonate pour violon et piano, sonate pour piano en fa#, mélodies, pièces pour orgue, oratorio, ouverture pour orchestre, etc…) furent ainsi présentées lors de quelques concerts à Châtelet, Bruxelles, Namur, Mons et à Charleroi où fut organisé en 1947 un "Festival Maurice Guillaume".

A part son oratorio "La Grande Clairière", l'Ouverture pour orchestre et quelques autres pièces, plusieurs oeuvres essentielles n’avaient jamais été exécutées... On doit aux efforts inlassables de Claude Roland et de l'avocat Henri Lebeau, la création de quelques oeuvres du Maître, au cours des six dernières années de sa vie…

Enfin, très engagé sur le sujet de l’orgue et de la liturgie, Maurice Guillaume fut également dès 1969, membre de l’asbl I.M.E.P. qui a mis sur pied cet important institut supérieur d’enseignement musical de Wallonie. En 1981, Maurice Guillaume quitte le cher instrument qu’il a si bien fait sonner pour le bonheur de ses nombreux admirateurs enchantés par sa  musicalité et son talent pour l’improvisation. Il remit lui-même les partitions annotées et doigtées de ses oeuvres pour choeur et orgue à son successeur Thierry Smets. Plus tard, après une longue hospitalisation, ce musicien wallon si humain et inspiré, immense à l’échelle même de sa modestie, s’éteint le 7 mars 1983 à l’âge de 84 ans. “Ce jour-là”, comme l'a écrit Jules Charbonnel, un de ses élèves préférés, “une grande voix s'est tue”. D'après l'article, légèrement modifié et complété, de Marcel Nihoul dans le "Vieux Châtelet"  (1975). 

"Le Vieux Châtelet", page consacrée à Maurice Guillaume, cliquez...

 

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